30 avril, 2020
Blogue de FPC

Points saillants du webinaire de FPC : « La COVID-19 : un problème d’égalité à examiner sous l’angle de la diversité, de l’équité et de l’inclusion »

Juniper Glass

Lorsque la COVID-19 a commencé à se propager à Hamilton, Sarah Jama et les autres dirigeants bénévoles du Disability Justice Network of Ontario (DJNO) n’ont pas tardé à se mobiliser. Ils savaient que de nombreuses personnes à mobilité réduite ou dont le système immunitaire est affaibli auraient besoin d’un soutien additionnel pour passer à travers la période de confinement. En quelques jours, ils ont mis sur pied une banque alimentaire temporaire. CareMongering HamOnt distribue maintenant de la nourriture à 100 familles chaque semaine, et des centaines de bénévoles gèrent un service téléphonique multilingue et font des courses pour les personnes qui ne peuvent quitter sans crainte leur domicile.

Des initiatives locales comme celle-ci ont été mises en lumière par les quatre panélistes du webinaire du 22 avril de FPC sur la crise de la COVID-19 et la manière dont les fondations peuvent y réagir en plaçant l’équité et l’inclusion au sommet des préoccupations.

Les panélistes ont présenté une excellente analyse nuancée des effets démesurés de la pandémie sur les personnes qui étaient déjà marginalisées avant la crise, comme les travailleurs précaires et à faible revenu, les membres des communautés autochtones et racisées, les populations itinérantes et incarcérées et les personnes handicapées. (Le nouveau document d’information de FPC met également en évidence les principales inégalités exacerbées par la COVID-19.)

Les organismes de proximité sont souvent les plus près du terrain et peuvent réagir rapidement lors d’une crise, comme l’illustre l’initiative d’entraide de DJNO et de son partenaire, le Hamilton Student Mobilization Network. Le hic c’est que ces organismes reçoivent généralement peu de soutien des bailleurs de fonds philanthropiques. Pourquoi? Bien souvent, les fondations ne sont pas au courant de ces initiatives ou se heurtent à des obstacles lorsqu’elles tentent de les soutenir.

Sarah Jama encourage les fondations à « s’efforcer de tisser des liens avec les organismes de proximité. Quel que soit le problème, je vous assure que quelqu’un tente déjà d’y remédier. Nous n’avons pas à réinventer la roue, mais nous devons légitimer et financer ce travail. À Hamilton, même si nous nourrissons de nombreuses personnes, nous sommes parfois considérés comme illégitimes pour de nombreuses raisons, dont le fait que nous ne sommes pas un organisme de bienfaisance enregistré et que nous sommes dirigés par des jeunes et des personnes racisées ».

Nombre de groupes qui œuvrent aux premières lignes et défendent l’égalité durant la crise ne sont pas des « donataires reconnus » en vertu des règles de l’ARC. Par conséquent, les fondations hésitent souvent à leur acheminer des fonds en raison de préoccupations liées à la réglementation. Selon Jon McPhedran Waitzer de Resource Movement, la pandémie est un bon moment pour les fondations de « prendre le “risque” de financer ces groupes ».

Les panélistes espèrent que la crise incitera les fondations à sortir de leur zone de confort. Ils ont suggéré de nombreuses actions concrètes aux fondations et aux donateurs qui souhaitent soutenir davantage l’inclusion et l’équité en ces temps critiques. Hanifa Kassam, ancienne présidente du conseil d’administration de la Laidlaw Foundation et autrice du guide de FPC sur la diversité, l’équité et l’inclusion, a lancé l’appel à l’action suivant : « Agissez, et agissez rapidement. Sachez que notre secteur philanthropique en a la capacité et possède les ressources nécessaires. C’est le moment de laisser tomber des pratiques qui ont été nuisibles, comme celles qui excluent les groupes communautaires accomplissant un travail admirable pour favoriser l’équité; comme l’octroi d’une aide financière annuelle plutôt que pluriannuelle. Comment partagez-vous le pouvoir et impliquez-vous les membres de la communauté dans les décisions? Tirez parti de tous les leviers dont dispose votre fondation pour susciter un changement : l’investissement d’impact, les dons, le processus décisionnel, la mission et le mandat. »

Les panélistes ont exhorté les fondations à envisager sérieusement de puiser dans leur capital et d’augmenter leurs dons ou, à tout le moins, à ne pas réduire leurs dons pour « protéger » leur dotation durant ce repli des marchés boursiers. « La plupart des fondations ont enregistré de très bons rendements au cours des dix dernières années », souligne Hanifa. « Il est maintenant temps de mobiliser nos ressources. » Au lieu de tenter de trouver des moyens de préserver la dotation de leur fondation, les administrateurs devraient se demander « comment celle-ci peut soutenir les personnes qui éprouvent le plus de difficultés au quotidien et investir dans des changements systémiques ».

Adam Saifer, chercheur postdoctoral à PhiLab, voit une occasion dans la crise actuelle : « La riposte à la COVID-19 a mis en évidence ce qui est possible et ce à quoi ressemble une société plus humaine, comme étendre l’aide aux chômeurs aux populations qui en étaient généralement exclues, tels que les travailleurs à temps partiel et les travailleurs étrangers temporaires. Ou utiliser des bâtiments vides pour loger des sans-abri. Pourquoi est-ce seulement durant une crise comme la COVID-19 que nous trouvons soudainement inacceptable que des gens vivent dans la rue? J’espère que cela nous servira de leçon sur le plan de l’organisation en vue des crises futures. Par exemple, le secteur philanthropique jouera un rôle clé dans la crise climatique, qui n’aura pas non plus d’effet égalisateur, mais amplifiera plutôt les inégalités existantes. Il est important que les fondations retiennent les leçons dès maintenant et en tiennent compte en se réorganisant et en mettant au point de nouvelles stratégies pour faire face à de nouvelles crises lorsque la crise actuelle sera terminée. »

Les bailleurs de fonds qui souhaitent s’assurer que leur apport durant et après la crise contribuera à engendrer une société plus égalitaire, tout en répondant aux besoins immédiats, ont tout avantage à écouter le webinaire en entier. Le nouvel outil de FPC sur la COVID-19 et les inégalités sociales fournit aussi plusieurs conseils aux fondations. En ce qui concerne le défi des « donataires non reconnus », de nombreuses sources d’information peuvent éclairer les fondations, dont le récent webinaire de FPC sur le sujet et le guide Better Together d’United Way of Greater Calgary.

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