Nouvelles de FPC

Pourquoi la réciprocité et ce que nous en tirons comme leçons ?

Remarque : Cet article fait suite à une publication antérieure de l’auteur intitulée : « Pourquoi la réciprocité, et pourquoi maintenant ? »

Au cours de la dernière année, et plus récemment au cours des semaines et des jours qui ont précédé la conférence, de nombreuses personnes nous ont demandé comment Fondations philanthropiques Canada donnait vie au thème de la « réciprocité », tel qu’il est incarné dans le titre même de notre Conférence nationale 2026. 

La réponse est à la fois simple et complexe. À l’approche de l’ouverture de notre conférence, il est important de partager quelques réflexions sur notre approche, les leçons que nous avons tirées tout au long de la planification et ce à quoi il faut s’attendre. 

Nous avons choisi la réciprocité parce qu’elle représente un défi, une responsabilité et une aspiration. À une époque où de nombreuses institutions, y compris celles du secteur philanthropique, sont appelées à examiner toutes sortes de questions liées au pouvoir, aux relations, à la reddition de comptes et à la confiance, la réciprocité nous est apparue comme une invitation à nous remettre en question plutôt que comme un objectif que nous estimions avoir déjà atteint. 

Nous avons également pris conscience que les idéaux, les actions et les résultats liés à la réciprocité ont un poids et suscitent des attentes. 

Nos premiers pas dans ce travail ne seront pas parfaits, mais ce processus nous offre, en tant qu’organisation et en tant que communauté, l’occasion d’apprendre, d’être guidés, d’enseigner et d’avancer ensemble. 

Alors que nous nous préparons à nous réunir, nous reconnaissons que la réciprocité revêt des significations différentes selon les personnes. Pour de nombreux peuples et communautés autochtones, la réciprocité est ancrée dans des systèmes ancestraux de relations, de responsabilité et d’obligations mutuelles. Nous abordons ces enseignements avec humilité et reconnaissons que le secteur philanthropique a encore beaucoup à apprendre. 

Notre objectif constant pour la Conférence nationale de FPC est de créer un espace propice à l’apprentissage, au renforcement des liens et à la remise en question des idées reçues. Nous cherchons également à offrir un cadre permettant d’aborder des questions délicates sur la manière dont la philanthropie peut repenser son approche de la collaboration avec les communautés, les partenaires et les mouvements qu’elle entend soutenir. 

C’est dans cet esprit que la conception de cette conférence a été abordée. 

Comment nous nous efforçons de donner vie à la réciprocité 

Nous sommes conscients qu’une conférence ne peut instaurer la réciprocité par le seul biais d’un thème. Pour que ce concept ait un sens, il doit se refléter dans les choix que nous faisons, les voix que nous mettons en avant, les relations que nous tissons et les expériences que nous créons

La conférence de cette année a bénéficié de la contribution d’un comité d’organisation diversifié, dont les membres ont remis en question les idées reçues, apporté des points de vue différents et formulé des suggestions très importantes pour le programme de cette année. 

Les témoignages, les points de vue et le leadership autochtones sont au cœur de toute l’expérience de la conférence. Presque toutes nos séances plénières mettent en vedette des conférenciers autochtones, dont trois sont entièrement animées par des voix autochtones. Les participants pourront écouter des leaders autochtones s’exprimer sur l’établissement de liens, le rôle de la philanthropie dans la réconciliation, les priorités communautaires et les voies à suivre. 

En plus des séances plénières, les leaders autochtones, les intervenants de terrain et les représentants des communautés sont présents tout au long des séances consacrées au logement, à l’octroi de subventions, à l’avenir de la philanthropie, à la collaboration régionale et à l’établissement de relations.  

Parallèlement, notre intention était d’explorer la réciprocité au sein des nombreuses relations, de liens historiques, de dynamiques et de communautés interreliés qui façonnent la philanthropie. Ce thème nous invite à réfléchir à la manière dont la philanthropie se manifeste dans les relations avec les communautés et les organisations qui ont souvent eu moins de pouvoir, d’influence ou d’accès aux ressources, et dont les connaissances, le leadership et l’expérience vécue sont essentiels pour créer un changement significatif. 

De plus en plus, la philanthropie est mise au défi de dépasser les relations transactionnelles pour s’orienter vers un partenariat plus profond, un apprentissage partagé et une responsabilisation. Les communautés ne sont pas de simples bénéficiaires passifs de ressources. Ce sont des leaders, des détenteurs de savoir, des innovateurs et des partenaires. 

Cette réflexion a influencé la façon dont nous avons conçu cette conférence. 

Tout au long du programme, nous avons délibérément multiplié les occasions de dialogue animé, d’échanges entre pairs et d’exploration collaborative. Bien que les perspectives issues de l’expérience vécue demeurent importantes, nous avons souhaité réduire les moments où un « sage au podium » fait la leçon et multiplier les occasions pour les participants d’apprendre les uns des autres. La réciprocité, dans ce sens, ne se limite pas à ce qui est présenté depuis l’avant de la salle. Elle concerne également ce qui émerge à travers la conversation, l’écoute, les relations et l’apprentissage mutuel. 

Ce que nous apprenons chemin faisant 

Alors que nous préparions cette conférence, nous avons également reçu des commentaires intéressants nous demandant si l’événement répondait bien à ses aspirations. Nous avons pris bonne note de ces commentaires, qui revêtent une grande importance pour toutes les personnes impliquées dans l’organisation de cette conférence. 

Au cours de la dernière décennie, le secteur philanthropique a été influencé par les mouvements sociaux, les appels à la réconciliation, les discussions sur l’équité et la justice, ainsi que par la prise de conscience croissante que le pouvoir et la richesse continuent d’être répartis et accessibles de manière inégale dans notre société. De nombreuses organisations, y compris la nôtre, tentent de composer avec ces réalités tout en apprenant à travailler différemment. 

Au fil du temps, une leçon est devenue de plus en plus évidente : l’intention et l’impact ne sont pas la même chose. 

Les bonnes intentions ne garantissent pas toujours de bons résultats. Ceux-ci dépendent du langage que nous utilisons, des processus que nous mettons en place et des liens que nous tissons. 

Et lorsque les organisations s’attaquent à des concepts complexes tels que la réconciliation, la réciprocité, l’équité ou la justice, elles ont la responsabilité de veiller à ce que leurs actions contribuent réellement à faire avancer ces engagements, et ne se contentent pas de les mentionner. 

Au cours de notre parcours dans le cadre de cette conférence, nous avons vécu des moments qui nous ont rappelé ce devoir. Nous avons reçu des commentaires sur nos choix de langage, sur les décisions relatives à l’organisation de la conférence, ainsi que sur des situations où la consultation aurait dû avoir lieu plus tôt ou de manière plus approfondie. Dans certains cas, nous avons agi trop rapidement. Dans d’autres, nos intentions ne se sont pas pleinement reflétées dans nos actions. 

Nous reconnaissons également que notre désir d’être ambitieux, audacieux ou novateurs n’élimine pas la possibilité de causer du tort. 

Dans le domaine de la philanthropie, nous encourageons souvent l’expérimentation et la prise de risques dans le but d’apporter des changements. Pourtant, le risque n’est pas vécu de la même manière par tous. Ceux d’entre nous qui jouissent de privilèges, d’influence, d’une tribune ou de ressources ont la responsabilité de se demander qui pourrait en subir les conséquences si nos actions ne donnaient pas les résultats escomptés. 

La réciprocité ne se limite pas au partage des ressources. 

Elle exige également le partage des responsabilités. 

Et surtout, elle exige de l’humilité. 

Voir au-delà 

Une conférence peut être l’occasion de moments de réflexion, d’échange, de remise en question et de création de liens. Elle peut offrir des occasions d’apprendre les uns des autres. Elle peut nous encourager à remettre en question nos idées reçues et à explorer de nouvelles façons de travailler. 

Nous évaluerons cette conférence en fonction de la mesure avec laquelle les participants en repartiront avec une compréhension plus approfondie des relations qui sous-tendent leur travail, une meilleure prise de conscience de leurs responsabilités et de nouvelles idées sur la manière dont la réciprocité peut se concrétiser dans la pratique. 

En tant que FPC, nous serons attentifs à ce qui trouve un écho, à ce qui laisse à désirer, à ce qui nous surprend et à ce que les participants attendront de nous par la suite. Sur le plan individuel, nous espérons que les gens repartiront avec autant de nouvelles questions que de nouvelles réponses. En tant que secteur, nous espérons que ce rassemblement nous aidera à continuer d’explorer à quoi peuvent ressembler, dans la pratique, des relations plus réciproques. 

Notre conférence nationale de 2026 n’est pas une fin en soi. 

C’est simplement la prochaine étape.

Partager cet article

Autres articles qui pourraient vous plaire