AVIS CONCERNANT LES POLITIQUES PUBLIQUES Blogue invités Bulletin FPC Nouvelles de FPC Nouveau Bureau de l’économie d’impact du Royaume-Uni : ce que le Canada peut en apprendre Sara Krynitzki Bulletin FPC 10 mins lire mars 4, 2026 Nouvelles et perspectives Bulletin FPC Nouveau Bureau de l’économie d’impact du Royaume-Uni : ce que le Canada peut en apprendre Pour cette conversation, Sara Krynitzki, directrice générale adjointe de FPC, s’est entretenue avec Michele Fugiel Gartner, chargée principale de recherche de FPC, pour faire le bilan sur son récent passage au Beacon Forum le 11 février 2026 à Londres, où elle s’est penchée sur la nouvelle approche adoptée par le Royaume-Uni pour bâtir une économie d’impact. Le Beacon Forum est un rendez-vous annuel où au Royaume-Uni se réunissent philanthropes, investisseurs, conseillers et leaders de la société civile pour réfléchir à la manière de mobiliser des capitaux d’impact et de stimuler un changement social. Il s’agit d’un espace intersectoriel de débat, d’apprentissage et de collaboration sur les chantiers qui définissent les prochaines étapes pour le don et l’impact au Royaume-Uni. 1. De votre point de vue à FPC, que révèle la création du Bureau de l’économie d’impact au Royaume-Uni sur les tendances mondiales actuelles en philanthropie et en investissement d’impact? On observe un changement important du climat social dans des pays comme le Canada et le Royaume-Uni, où la réduction du financement public coïncide avec une hausse des besoins sociaux. C’est ce qui renforce l’idée selon laquelle la société doit s’unir autour de l’économie d’impact, qu’on définit au Royaume-Uni comme un écosystème priorisant l’intérêt public plutôt que le gain privé, et dont on estime la valeur à 428 milliards de livres, soit 15 % du PIB. Le Bureau de l’économie d’impact marque une évolution majeure, en soulignant que les grands enjeux sociaux exigent un effort concerté de la société civile, de la philanthropie et du monde des affaires. Il fait aussi ressortir une tendance à renforcer l’autonomie locale, en partant du principe que les communautés sont les mieux outillées pour comprendre et relever 2. Quels sont les aspects du rôle de Beacon dans la structuration de l’économie d’impact au Royaume-Uni qui font le plus écho au travail mené par FPC pour consolider l’écosystème philanthropique du Canada? À l’échelle mondiale, ces évolutions traduisent des tendances que FPC observe de près : une intégration croissante de l’investissement d’impact, de l’innovation sociale et de politiques axées sur les communautés directement au sein des structures de gouvernance. Ce qui ressort au Royaume-Uni, c’est la manière dont l’économie d’impact est présentée comme un projet de cohésion nationale fondé sur des valeurs et un optimisme partagés, plutôt que comme un simple ajustement technique ou progressif de politiques publiques. Cela témoigne d’un nouveau consensus selon lequel une gouvernance réellement efficace ne peut se produire que lorsque le gouvernement, la philanthropie, la société civile et le monde des affaires sont à l’unisson dès le départ, lorsqu’ils créent ensemble des solutions plutôt que d’agir chacun de leur côté ou de n’intervenir qu’en fin de cycle de politiques publiques.Les discussions menées par Beacon ont montré que la philanthropie gagne à être valorisée et normalisée, tout en reconnaissant que chaque bailleur de fonds contribue à sa manière à une mosaïque plus large. Cette perspective rejoint la vision de FPC selon laquelle la philanthropie est un écosystème aux forces et aux rôles divers. Au Canada, nous observons des possibilités similaires d’accroître la visibilité du milieu philanthropique, de préciser ses contributions et d’encourager un engagement plus soutenu entre les secteurs. 3. Dans le cadre de vos conversations et des séances auxquelles vous avez pris part au Forum, avez-vous retenu des leçons qui pourraient soutenir ou guider le programme de recherche actuel de FPC, surtout en ce qui a trait à l’investissement d’impact et au foyer gouvernemental? La première leçon qui s’impose est l’importance de mobiliser la société civile en amont dans l’élaboration des politiques, une solution qui soutient pleinement les efforts canadiens dans le projet de foyer gouvernemental. Le cadre adopté au Royaume-Uni présente la société civile comme un coarchitecte de l’économie d’impact, plutôt qu’un simple acteur qu’on sollicite en fin de parcours. La reconnaissance du rôle central que joue l’infrastructure de données est un autre constat essentiel. Il a été souligné à plusieurs reprises que la fragmentation des données limite la capacité de concevoir des solutions sociales efficaces. Pour FPC, cela renforce notre engagement à structurer des plates-formes de données partagées, à approfondir l’analyse des besoins communautaires et à soutenir des approches d’investissement d’impact basées sur des données probantes. Enfin, les discussions ont souligné l’importance d’une responsabilité accrue et d’une cohérence des politiques à long terme. Ce constat rejoint ce que nous observons au Canada : les acteurs philanthropiques et communautaires sont prêts à collaborer, à condition que le gouvernement apporte une stabilité et 4. Le Beacon Collaborative a participé à la création du nouveau Bureau de l’économie d’impact du gouvernement britannique, un point d’entrée unique qui permet de faciliter les partenariats entre les investisseurs d’impact, le secteur philanthropique, les entreprises à mission sociale et l’État. Comment les fondations britanniques contribuent-elles à l’élaboration de politiques publiques par l’intermédiaire du Bureau de l’économie d’impact, et quels parallèles ou quelles possibilités voyez-vous pour l’effort de politique publique de FPC au Canada? Il est encore tôt pour le Bureau de l’économie d’impact. Des responsables du gouvernement ont rappelé que l’initiative n’a que cinq mois d’existence et qu’une grande partie du travail actuel porte donc sur l’organisation interne : intégrer des fonctionnaires au bureau, organiser des détachements, former les équipes et réunir l’expertise et les structures nécessaires pour soutenir un système encore en émergence. La réalité, c’est que l’architecture globale de l’économie d’impact n’est pas encore pleinement développée. Pour le Canada, l’occasion consiste à renforcer les canaux de dialogue entre la philanthropie et les pouvoirs publics (fédéral, provinces et municipalités). Le travail de mobilisation politique de FPC peut s’inspirer de l’exemple britannique en encourageant les gouvernements à créer des « points d’entrée » similaires pour faciliter l’engagement, tout en veillant à ce que les communautés participent à l’élaboration du programme. Il faut savoir qu’au Royaume-Uni, l’État est ouvert à l’idée de devoir rendre des comptes. Si on se fie aux commentaires entendus au Forum, cette reddition de comptes doit s’appuyer sur des engagements fermes, à savoir la clarté des objectifs, la transparence des règles et la stabilité des politiques. 5. Y a-t-il, au Royaume-Uni, des exemples de collaboration réussie entre le gouvernement, la philanthropie et le secteur privé que nous pourrions explorer ou adapter au contexte canadien? L’un des exemples qui parlent le plus est l’engagement du gouvernement à ne pas s’approprier tout le pouvoir. Les pouvoirs publics ont exprimé une volonté que les communautés deviennent le premier « organe décisionnel », alors que l’État jouerait davantage un rôle de modérateur que de commandant. Cette philosophie vise la fluidité des partenariats entre la philanthropie, les groupes communautaires et le monde des affaires. Une autre idée s’est dégagée des échanges sur la mobilisation des gens d’affaires. Quand on sait que 75 % des entreprises britanniques ne participent toujours pas à des activités caritatives, il y a clairement place à amélioration. Cependant, la reconnaissance franche de cette lacune au Royaume-Uni a créé un véritable élan pour renverser la tendance. Le Canada peut prendre des notes : le fait d’avouer honnêtement une lacune est une première étape vers une participation plus convaincante du secteur privé à des projets d’impact et d’investissement communautaire.6. 6. D’après ce que vous avez entendu à Beacon, quelles lacunes ou quels besoins non comblés dans l’écosystème britannique reflètent les défis que FPC a identifiés dans ses recherches sur les fondations canadiennes? Plusieurs besoins non comblés étaient étonnamment familiers. La voix des jeunes est particulièrement absente, un phénomène aussi observé au Canada, où le leadership et le vécu des jeunes demeurent sous-représentés dans le débat national sur la philanthropie et l’économie d’impact. Les silos de données continuent eux aussi de limiter l’impact. Comme le Canada, le Royaume-Uni a besoin de systèmes intégrés qui permettent aux décideurs politiques, aux bailleurs de fonds et aux communautés de concevoir des solutions à partir d’informations partagées et connectées, plutôt que d’ensembles de données fragmentés. L’engagement du milieu des affaires dans l’investissement social demeure inégal. Ce constat reflète les dynamiques observées au Canada et met en évidence une occasion parallèle de renforcer la collaboration intersectorielle et d’encourager une participation plus soutenue du secteur privé aux résultats communautaires. Enfin, les deux pays sont frappés par une discontinuité des politiques publiques. La société civile a besoin d’engagements gouvernementaux stables et de longue durée pour bâtir des partenariats solides, mais les changements fréquents d’orientation ou de priorités peuvent saper la constance nécessaire pour générer de véritables transformations systémiques. 7. Si vous deviez transmettre un seul message aux membres de FPC sur l’avenir de l’économie d’impact sur la base de ce que vous avez appris au Forum, quel serait ce message, et en quoi correspond-il aux priorités émergentes de FPC?Nous en sommes au début de l’initiative sur l’économie d’impact, et la société civile a un rôle de leadership essentiel à jouer. Il faut également savoir que le Royaume-Uni n’en est pas à un premier effort national du genre. Les gens se souviennent de Big Society, de Levelling Up, et maintenant on se lance dans Impact Economy. L’histoire compte, et comme on nous l’a sagement rappelé, on ne veut pas que l’initiative sur l’économie d’impact se limite à des gestes symboliques, comme un événement de lancement, un communiqué ou la conception d’un logo, avant de tomber dans l’oubli. Ce qui paraît différent aujourd’hui, c’est le ton et l’approche. Les premiers pas du Royaume-Uni montrent que la future économie d’impact devra être collaborative, redevable et fondée sur les réalités de terrain et des valeurs communes, des principes qui correspondent parfaitement aux priorités stratégiques de FPC. Le gouvernement britannique semble réorienter son approche afin de créer un environnement où les idées émergent naturellement des communautés, des organismes caritatifs, des expériences concrètes et des acteurs locaux. Une personne a d’ailleurs utilisé l’image du fonctionnement d’une cafetière à piston, qui pousse le café vers le bas, par rapport à un percolateur, qui fait remonter et infuser le café (les idées) depuis la base. L’action gouvernementale ne suffira pas : l’économie d’impact devra s’appuyer sur les idées, l’énergie et les perspectives des communautés, des organismes caritatifs, de la philanthropie et des jeunes, dont les voix ne doivent surtout pas être ignorées. Partager cet article Facebook Twitter LinkedIn Email
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