2 mai, 2022
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La Fondation Dufresne et Gauthier (FDG) célèbre 20 années d’existence

Hélène Dufresne, Président

La Fondation Dufresne et Gauthier (FDG) célèbre 20 années d’existence. À cette occasion, il nous apparaît utile de faire un retour sur ce qui nous anime et nous caractérise afin d’en assurer la pérennité.

Se rappeler d’où nous venons

J’ai eu la chance de naître dans une famille aimante de la classe moyenne, l’ainée de cinq enfants et dont les deux parents avaient bénéficié d’une bonne éducation, travaillaient comme professionnels et valorisaient ce même parcours pour leurs enfants. Mais voilà, j’étais un peu rebelle et comme dans les contes, j’ai fui avec le cirque (du Soleil) avant de compléter mes études. Cette formidable expérience fut une véritable école de vie, une ouverture sur le monde et à la réalité des marginaux et des plus vulnérables.

Dans cette aventure, j’ai fait la rencontre du Gauthier de la Fondation, celui qui allait devenir le père des deux filles que nous allions adopter en Mongolie. Mais avant cela, suite à quelques années de démarrage remplies de défis, notre parcours avec le cirque nous entrainait dans un succès incroyable et rapidement nous avons dû réfléchir à comment retourner un peu de la chance et de la richesse que nous générions dans les milieux qui accueillaient le cirque un peu partout sur la planète. C’est ainsi que nous avons fait nos premiers apprentissages en philanthropie. À l’époque, le cirque retournait 1% de sa billetterie dans des activités philanthropiques et servait de levier à des organismes de bienfaisance pour qu’ils puissent générer des revenus propres lors de d’événement-bénéfices qui avaient lieu sous notre chapiteau. Le plus souvent, les sommes récoltées étaient destinées à des organismes venant en aide à des jeunes marginalisés. Par la suite est né le programme Cirque du Monde, des ateliers de cirque social offert dans plusieurs pays, du cirque humanitaire en quelque sorte.

Après avoir adopté nos enfants et quitté le cirque, nous nous sommes retrouvés dépositaires d’une petite fortune et à nos yeux d’une grande responsabilité. Nous avions beaucoup voyagé, constaté un peu partout que les enfants ne choisissent pas leur lieu de naissance ni la famille dans laquelle ils grandissent, pas plus que les défis qui se présentent à eux. Nous étions reconnaissants de la chance que nous avions eu et nous voulions aider ceux qui vivaient un parcours plus périlleux à mieux s’épanouir.

La mission de FDG consiste donc à venir en aide aux enfants de familles plus vulnérables et aux jeunes en situation de risque en soutenant des projets rassembleurs portés par les familles et les organisations d’un quartier ou d’une communauté, et qui contribuent au mieux-être des enfants et au respect de leurs droits fondamentaux.

Aller à la rencontre des gens

Comme nous l’avions fait avec le cirque en nous présentant dans des villes qui nous étaient inconnues de prime abord, nous sommes allés à la rencontre des organismes communautaires de Montréal, de la ville de Québec et de la Mongolie afin de mieux connaître le travail social qui s’effectue sur le terrain. Nous avons rapidement compris que pour aider les enfants, il fallait aider les parents et les milieux de vie dans lesquels ils évoluaient afin de resserrer les liens et renforcer les ressources existantes.

Encore aujourd’hui, nous découvrons des gens extraordinairement engagés auprès des populations qu’ils et surtout elles desservent, les femmes étant majoritairement présentes dans le secteur des organismes communautaires. Nous établissons un dialogue et comprenons mieux les difficultés à surmonter pour rendre les services adéquats. Nous sentons aussi bien souvent la fragilité des personnes et des organisations sur-sollicitées, le financement périlleux d’une année à l’autre, la difficulté à travailler en concertation quand celle-ci devient compétition pour les dollars disponibles. Nous sommes à l’écoute et au-delà des sommes d’argent distribuées, nous cherchons à mieux outiller ces travailleurs et travailleuses essentiel.le.s. Dans nos conversations, nous nous enrichissons des bonnes pratiques et cherchons à mieux les faire connaître, nous servons de pont entre les organismes aux missions semblables, et nous prenons fait et cause pour la difficile réalité de certains milieux.

André Fortin, un proche collaborateur de FDG, nous a proposé de documenter cette approche de proximité que nous avons développée au fil du temps. L’idée nous a plu, nous espérons que ceux et celles qui nous suivrons à FDG et ailleurs pourront s’en inspirer et retenir quelques-uns de nos propres apprentissages. Pour décrire cette approche, plusieurs des organismes soutenus par FDG ont témoigné généreusement de leur expérience, de leur appréciation, de ce qui nous distingue des autres bailleurs de fonds engagés auprès d’eux. Je ne peux pas non plus passer sous silence toutes les références et enseignements partagés par le milieu philanthropique québécois et canadien qui ont contribués à forger ce que nous sommes aujourd’hui. Vous trouverez sur notre site web la présentation de cette approche de proximité que nous vous invitons à consulter et à faire connaître dans vos réseaux.

A toutes les personnes rencontrées, pour tous les échanges, les complicités, les partages, nous sommes reconnaissants et nous vous exprimons notre gratitude. Nous avons la conviction intime de notre interdépendance comme humanité mais aussi avec la terre qui nous accueille.

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