8 janvier, 2021
Du président

Les fondations canadiennes ont intensifié leur action en 2020. Et il y aura encore plus à faire en 2021 !

Jean-Marc Mangin, Président directeur-général, Fondations philanthropiques Canada

Je suis on ne peut plus d’accord avec l’affirmation de Rudyard Griffiths selon laquelle « le secteur caritatif peut et doit être [et j’ajouterais qu’il est déjà] un acteur clé d’une approche pangouvernementale qui a pour but de s’attaquer aux effets pernicieux de la COVID-19 en matières sociale, économique, et de santé publique. » Au moment où les gouvernements, les entreprises et les Canadiens dans leur ensemble se mobilisent pour répondre à des besoins urgents, les fondations ne sont pas en reste. En cette période sans précédent, nous devons constituer une Équipe Canada et agir en équipe. Chacun de nous est appelé à apporter son temps, son talent, ses réseaux — et ses dons. En tant qu’organisme au service de la philanthropie, Fondations philanthropiques Canada encourage ses membres non seulement à donner plus, mais aussi à donner « mieux » alors que nous ripostons à la pandémie et que nous nous remettons de ces effets.

En effet, une augmentation « forcée » des versements ne constitue pas à elle seule une « sinécure » pour garantir d’obtenir l’impact et la pertinence que requièrent les besoins publics actuels. La nature des dons (le quoi) et la manière de donner (le comment) importent autant que le montant de dons (le combien).

Bien que le total des financements accordés par les fondations pour 2020 ne soit pas encore connu, bon nombre d’entre elles distribuent plus que les 3,5 % de leurs actifs qui sont imposés par l’ARC. Près de 70 fondations se sont engagées dans la campagne GIVE5/DONNEZ5 en promettant des versements à hauteur d’au moins 5 %. Philanthropyresponds.ca/fr a retracé plus de 120 M$ affectés à des subventions reliées à la COVID. À Montréal, les fondations ont joué un rôle essentiel dans le soutien à l’intervention communautaire dans des quartiers qui comptent parmi les plus touchés et les plus pauvres du Canada. De nombreuses fondations ont rendu leurs pratiques de subventions plus souples, plus rapides et plus réactives.

Face à la pandémie, il ne fait aucun doute que la philanthropie privée au Canada connait des changements majeurs. De nombreuses fondations subventionnaires s’adaptent à la crise en ajustant leur soutien à leurs partenaires, notamment en rendant leurs financements plus agiles, plus immédiats et plus réactifs.

Le Canada offre de généreux avantages fiscaux aux fondations privées afin qu’elles soutiennent le bien public. Les fondations doivent rendre compte non seulement à leurs conseils d’administration respectifs, mais aussi à la population canadienne, par l’entremise de l’ARC, afin d’établir qu’elles répondent bien à leurs objectifs de bienfaisance. Les organismes de bienfaisance sont multiples et engagés dans toutes les sphères de la vie publique. Ils contribuent ainsi à bâtir un Canada qui correspond à ce que nous souhaitons tous. Nos membres s’efforcent de devenir de meilleurs donateurs, notamment en adoptant une vision à long terme et en restant engagés afin d’avoir un impact significatif. Nombreuses sont les choses que les fondations peuvent faire en ce moment. Ainsi, elles peuvent améliorer leurs financements ou établir des partenariats avec des organismes sans but lucratif dirigés par des Canadiens racialisés et issus des populations autochtones.

Cependant, même avec ces changements et avec d’autres qui sont grandement nécessaires, les fondations ne peuvent remplacer les gouvernements dans leur mission essentielle d’intervention en cas d’urgences publiques. Toutefois, nous pouvons jouer un rôle crucial et complémentaire dans les interventions d’urgence tout en fournissant du capital-risque social destiné à la reconstruction post-pandémie, à la lutte contre des problèmes au long cours tels que les changements climatiques ainsi qu’à la riposte face à de futures crises inattendues. L’ensemble des défis que nous devons relever pour le bien public est complexe et exige de la philanthropie privée des approches à la fois à court et à long termes.

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