20 juin, 2019
Blogue de FPC

La constitution d’une communauté de philanthropes au Canada

Une entrevue avec Hilary Pearson

par Jennifer-Lee Thomas, Directrice des communications

Hilary Pearson est présidente-directrice générale de Fondations philanthropiques Canada (FPC) depuis 2001. Durant sa présidence, la composition de FPC est passée de quelques membres fondateurs à plus de 130 organismes subventionnaires des quatre coins du Canada. Hilary a rédigé plus de 60 billets de blogue et a animé un nombre incalculable de rassemblements de membres portant sur des questions comme la réconciliation, la diversité, l’équité et l’inclusion, l’investissement d’impact ainsi que la responsabilité et la transparence des fondations privées. Hilary s’est fait la championne de la philanthropie efficace et a fait l’éloge de l’importante contribution de la philanthropie organisée à l’épanouissement des communautés.

Le 1er juillet, Hilary Pearson quittera officiellement son poste de présidente-directrice générale de FPC pour entreprendre de nouveaux projets. Je me suis assise avec elle pour découvrir ce qu’elle compte faire ensuite et pour revenir sur ses dix-huit dernières années de travail aux côtés de certaines des plus grandes fondations privées au Canada.

Jennifer : Parlons des premières années de FPC. Pouvez-vous nous décrire certains des défis que vous avez eu à relever?

Hilary : À l’époque de la constitution de FPC, les fondations privées n’étaient pas perçues comme des participantes actives au sein du secteur sans but lucratif. Elles étaient considérées comme distinctes. Différentes. Nous souhaitions changer cela. La première directrice générale, Julie White, a déblayé le terrain. Lorsque j’ai pris la relève, mon but était de procéder à l’enregistrement de FPC à titre d’organisme de bienfaisance, de mettre en place un énoncé des valeurs, de développer la marque et de changer la perception selon laquelle les fondations ne sont pas tenues de rendre des comptes.

 

Jennifer : 18 ans plus tard… qu’a accompli FPC à votre avis?

Hilary : Je crois que nous avons donné de la visibilité à la philanthropie au Canada et avons fait connaître le secteur canadien de la philanthropie au-delà de nos frontières. Nous avons renseigné le grand public sur le rôle joué par la philanthropie dans l’épanouissement des communautés. Nous avons aussi constitué un ensemble solide d’outils et de guides canadiens sur nos modèles philanthropiques et pratiques. Nous avons doté le domaine d’une structure. Nous avons mis au point le cadre et avons fourni les occasions de collaboration. Je dirais donc que notre plus grande réalisation est la constitution d’une communauté.

 

Jennifer : Qu’est-ce qui vous a menée à la décision de quitter votre poste de PDG de FPC?

Hilary : Lorsque le dirigeant fondateur d’une organisation décide de quitter ses fonctions, il doit le faire au bon moment. Je jugeais que le moment était bien choisi puisque nous sommes entre deux années de congrès et que nous venons de terminer la mise en œuvre de notre plan stratégique triennal. Après avoir connu plusieurs périodes de croissance, je considérais que FPC  avait besoin d’une nouvelle perspective et d’un regard neuf pour l’aider à poursuivre son expansion.

 

Jennifer : Comment voyez-vous votre avenir?

Hilary : Vous pouvez sortir Hilary Pearson de FPC, mais il est difficile de sortir Hilary Pearson de la philanthropie. Étant donné toutes les connaissances que j’ai acquises, je crois avoir encore  une importante contribution à apporter. Je vais assurément demeurer active dans le secteur, en tant que conseillère. Je songe aussi à écrire un livre sur les fondations canadiennes, sur leur rôle dans nos communautés et sur les difficultés auxquelles elles se heurtent. J’aimerais aussi jouer un rôle de mentor auprès d’autres femmes dans le secteur. Lorsque je suis entrée au service de FPC, j’ai été soutenue par Monica Patten, qui dirigeait Fondations communautaires du Canada à l’époque. Ma collègue Lynne Toupin, qui était alors à la tête du Conseil RH pour le secteur bénévole et communautaire et qui préside aujourd’hui le conseil d’administration d’Imagine Canada, m’a aussi appris bien des choses.

 

Jennifer : De nombreuses personnes vous connaissent sur le plan professionnel, mais ne vous connaissent peut-être pas plus intimement. Que faites-vous quand vous ne travaillez pas?

Hilary : Je lis beaucoup. J’aime lire des livres sur la philanthropie, ainsi que des blogues et des articles. Je suis en train de lire l’autobiographie de Melinda Gates, The Moment of Lift (disponible en français sous le titre Prendre son envol). Il est très intéressant de connaître son point de vue sur le travail que fait la Fondation Gates pour donner plus de pouvoir aux filles et aux femmes. Je lis aussi beaucoup d’œuvres de fiction. Dans cette catégorie, ce sont les romans historiques que je préfère. Ils nous amènent dans un univers différent. Je viens tout juste de finir Transcription de Kate Atkinson. C’est un très bon livre dont l’histoire se déroule durant la Deuxième Guerre mondiale et qui traite des choix difficiles que les gens doivent faire.

 

Jennifer : Qu’espérez-vous laisser en héritage?

Hilary : Il est difficile de dissocier mon héritage de celui de FPC. Nous formons une si petite équipe et nous avons accompli tellement de choses ensemble. Je suis très fière du fait que nous ayons toujours gardé une longueur d’avance. Nous ne sommes pas restés inchangés. Nous avons évolué. Nous avons créé une base solide de connaissances, de pratiques et de contenus. Il est important de ne jamais cesser d’avancer, de ne pas faire du surplace et continuer à accumuler.

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