15 janvier, 2021
Du président

L’année 2021 sera-t-elle une répétition de 2020 pour la philanthropie?

Jean-Marc Mangin, Président directeur-général, Fondations philanthropiques Canada

Début janvier 2020, j’avais écrit un article sur les quatre cavaliers de l’apocalypse et la possibilité qu’un virus chinois de type SRAS vienne faire vaciller notre monde. Je n’avais aucune idée du caractère prophétique qu’allait se révéler avoir ce billet de blogue.

La communauté philanthropique continue de répondre à la crise avec empathie et générosité. Comme l’a souligné Zia Khan de la Rockefeller Foundation lors de notre premier #WebinaireduMercredi de 2021 : « Nous sommes devenus plus créatifs en aidant les communautés dans le besoin de façon plus réactive. Et l’importance de préparer le terrain pour une refonte du système à plus long terme est devenue d’autant plus claire. »

Notre webinaire se tenait au moment même où une foule violente prenait d’assaut le Capitole des États-Unis et où les fortes et urgentes pressions engendrées par la COVID sur notre système de santé conduisaient à de nouvelles restrictions. Même avec la perspective de vaccinations de masse qui se rapproche, le cauchemar de 2020 pèse et pèsera encore sur nous en 2021. La « shecession » économique (une récession qui touche plus spécifiquement les femmes) frappe particulièrement durement le secteur caritatif et le secteur sans but lucratif. C’est notamment le cas pour le secteur culturel et les organismes de services communautaires où les femmes représentent souvent la majorité du personnel et des bénévoles. La confiance du public dans nos institutions démocratiques et dans les médias est ébranlée. Même si les clivages dans notre société ne sont pas aussi profonds que ceux qui existent aux États-Unis, les Canadiens ne peuvent pas se permettre de regarder cela de haut. Une part significative de nos concitoyens canadiens rejette les directives sanitaires fondées sur la science ainsi que les informations issues des médias traditionnels au sujet du climat ou de la politique. Le racisme à l’encontre des Noirs, des Autochtones et des personnes de couleur persiste, qu’il soit systémique ou qu’il ait d’autres formes. Après tout, n’oublions pas que l’un des fondateurs des Proud Boys est canadien. Et nous aussi, nous avons connu les assauts d’une foule déchainée qui a incendié son Parlement en 1849 tout en pourchassant les fonctionnaires à un moment critique de l’histoire de notre démocratie naissante.

Vous sentez-vous découragés ou encore submergés? J’ai été frappé par le ton plein d’espoir et de détermination des deux panélistes de notre webinaire en réponse à cette question. Le désespoir est un luxe que nous ne pouvons tout simplement pas nous permettre – de peur qu’il ne devienne une réalité qui s’autoalimente. La philanthropie – dont en particulier les fondations – a la possibilité, sinon l’obligation, d’aider la société à s’éloigner du précipice et de renforcer les écosystèmes menant à une société plus inclusive. Comme Joanna Kerr de MakeWay l’a dit lors du webinaire du 6 janvier : « Si jamais il doit y avoir un moment pour pratiquer une philanthropie radicalement différente… ce moment c’est maintenant. Prenons plus de risques. Collaborons davantage. »

Je suis heureux d’observer la volonté de nombreux membres de FPC d’approfondir ou d’explorer de nouvelles façons de travailler avec leurs partenaires de la société civile, avec d’autres fondations, ou avec les gouvernements. La collaboration est souvent difficile et désordonnée, mais elle représente aussi souvent le prix à payer pour obtenir un impact significatif et durable. Tout au long de 2021 et au-delà, FPC continuera d’accompagner ses membres sur un chemin que vous savons difficile, mais qui est aussi plein d’espoirs. En écoutant attentivement leurs partenaires, les fondations, collectivement, peuvent apporter leur agilité, leur savoir-faire pragmatique, leur indépendance, leur capacité à innover et à rester impliquées à long terme. Elles peuvent aussi apporter leurs réseaux, ainsi que leurs ressources financières pour soutenir des solutions créatives qui contribuent à la construction d’un monde plus humain, plus inclusif, plus démocratique et plus durable.

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