11 décembre, 2018
De la présidente

Les enseignements de Philanthropie en action

Hilary Pearson

À FPC, nous avons passé la dernière année à travailler sur les histoires que nous publions. Comme vous l’aurez deviné, ces histoires portent sur le travail des fondations, non seulement parce que les histoires divertissent et humanisent, mais aussi parce qu’elles véhiculent un message. Nous voulons envoyer au grand public un message au sujet des choses extraordinaires et uniques qu’accomplissent les fondations partout au Canada. Ces histoires visent aussi à faire connaître les expériences et les enseignements des fondations à d’autres bailleurs de fonds philanthropiques. Nous souhaitons utiliser des histoires pour rendre le travail des fondations un peu plus tangible et pour montrer que les fondations jouent des rôles qui dépassent celui de signataire de chèques !

À ce jour, nous avons publié neuf courtes histoires sur notre site autonome Philanthropie en action.  Je vous incite à jeter un coup d’œil à ce dernier, si vous ne l’avez pas fait récemment. Ces histoires viennent de différentes filières du secteur caritatif et en dépassent les frontières. Nous les avons classées selon le domaine d’intervention général qu’elles concernent, comme l’environnement, les arts, la santé, l’éducation, les services sociaux ou la réconciliation avec les communautés autochtones. Elles portent sur la prévention des commotions cérébrales chez les jeunes hockeyeurs, sur la sauvegarde de fleuves et de rivières iconiques, sur le logement pour les jeunes sans-abri, sur l’importance du jeu à l’extérieur pour les enfants, sur la préservation de l’inuktitut et sur bien d’autres sujets, qui ne pourraient pas être plus variés. ET chaque histoire est celle d’une seule fondation (même si bon nombre de ces fondations ne font pas cavalier seul). Alors oui, les histoires sont si différentes qu’il est difficile de faire des généralisations. Comme nous l’affirmons souvent dans l’univers des fondations philanthropiques, chaque fondation est unique.

Mais y a-t-il un thème, ne serait-ce qu’un seul, qui est commun à toutes ces histoires originales et étonnamment différentes? La réponse est oui. Au fil de vos lectures, vous remarquerez que certains points communs en ressortent très clairement :

  • L’argent, ce n’est vraiment pas tout. C’est en collaborant avec des partenaires et en ne se contentant pas de remettre des chèques à leurs donataires que ces fondations réussissent à avoir un impact beaucoup plus grand.
  • La taille, ce n’est pas tout non plus. La plupart des fondations dont il est question dans ces histoires ont un actif plutôt modeste. Ces histoires ne sont pas celles de fondations qui possèdent un fonds de dotation important. De ces neuf histoires, aucune ne concerne une grande fondation.
  • Faire équipe avec d’autres, que ce soit un collège, un gouvernement, des chercheurs ou d’autres bailleurs de fonds, est une stratégie productive. Être partenaire est toutefois un rôle actif. Comme l’illustre le partenariat que la Helderleigh Foundation a formé avec un collège afin de mettre au point un nouveau curriculum axé sur la saine alimentation pour les futurs chefs, un partenaire ne reste pas à l’arrière-scène.
  • La persévérance est essentielle quand une fondation veut susciter une transformation profonde, que celle-ci vise une politique ou un système.
  • Il faut parfois voir les choses différemment. Un grand nombre de ces histoires démontrent que les fondations peuvent adopter une approche totalement différente à l’égard d’un problème difficile à résoudre, qu’il s’agisse de l’accès des jeunes à des services de santé mentale, de la protection de nos rivières ou de la préservation d’une langue autochtone.
  • Il faut poser les bonnes questions. Bon nombre de ces histoires montrent que les fondations ont défini et mis en œuvre leurs stratégies après avoir posé des questions pénétrantes à leurs donataires.
  • Mobiliser ou réunir différentes parties intéressées pour amener beaucoup plus d’idées à la table permet parfois de faire des percées importantes. Les fondations peuvent employer une approche par cohorte pour réunir des donataires qui s’attaquent à un même problème, comme l’a fait la Lawson Foundation, ou simplement réunir à une même table tous les acteurs concernés par un enjeu, comme le fait la Catherine Donnelly Foundation. La mobilisation sert de catalyseur aux changements.
  • Les fondations peuvent prendre des risques. Dans chacune de ces histoires, une fondation a pris un risque pour entraîner des retombées importantes. Le risque peut être terrifiant, mais est aussi immensément fécond. Et d’aucuns diront que les fondations sont les mieux placées pour prendre des risques qui rapportent.
  • Enfin, l’apprentissage est d’une importance capitale. Toutes ces fondations ont tiré des leçons de leurs expériences et elles veulent encore apprendre. Publier leur histoire est une façon d’assimiler ces leçons et de les faire connaître aux autres membres de la communauté philanthropique.

Nous avons nous-mêmes appris en éditant les histoires pour Philanthropie en action. Chaque histoire n’a pas véritablement de fin, mais toutes ont un commencement, et bien que nous ayons tenté de rendre compte d’un moment marquant dans chacune des histoires, celles-ci se continuent. Ces fondations poursuivent leurs activités en espérant d’autres moments marquants à venir.

Nous avons su vous captiver? Une nouvelle histoire sera publiée sous peu! Peut-être serez-vous tenté de nous communiquer une histoire à votre tour.

PS Nous tenons à saluer et à remercier nos rédacteurs collaborateurs Sadia Rafiquddin, Alastair Cheng, Jillian Witt et Annie L’Italien, ainsi que toutes les fondations qui ont généreusement communiqué ces histoires à Philanthropie en action.

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