9 février, 2017
De la présidente

Joindre le geste à la parole et la parole au geste

De Hilary Pearson

En philanthropie, on parle beaucoup ces derniers temps, surtout chez nos voisins du Sud, de la nécessité de favoriser le dialogue et l’inclusion. Cette volonté semble être alimentée par les craintes que suscite la montée du populisme de la colère. Elle est généralement sincère et animée des meilleures intentions, mais elle risque de ne demeurer qu’un vœu pieux en l’absence d’une réflexion profonde sur les moyens d’établir un dialogue réellement efficace et inclusif. Comment pouvons-nous tous joindre le geste à la parole afin d’améliorer la communication entre les différentes communautés?

Dans le secteur philanthropique, nos donataires et nos donataires potentiels, autant ceux qui espèrent obtenir l’aide d’une fondation que ceux auxquels une telle aide a été refusée, sont notre auditoire cible. Voici les questions que nous devons poser à cet auditoire : comment écoutons-nous, parlons-nous suffisamment et donnons-nous une voix à tous ceux et celles qui veulent parler? Aucune de ces questions n’est nouvelle. En effet, Grantmakers for Effective Organizations et le Stanford Social Innovation Review ont publié l’été dernier une formidable série d’articles succincts, Putting Grantees at the  Center of Philanthropy, dans lesquels plusieurs dirigeants de fondation se penchaient sur les moyens de parler aux donataires et de les inclure plus efficacement dans les décisions et les discussions au sujet du travail en commun.

Certains de ces articles proposent d’excellentes questions. L’une des questions suggérées en vue d’amorcer un dialogue plus productif avec un donataire est la suivante : « Qu’est-ce que les bailleurs de fonds ne comprennent pas?” Amener les donataires à exprimer leur opinion sur les choses que les donateurs ne savent pas contribue à briser la glace et rappelle aux donataires qu’ils possèdent leurs propres compétences. Cette question établit que la discussion a pour but d’apprendre des gens qui travaillent sur le terrain et que la relation entre le donateur et le donataire est un partenariat visant à s’attaquer à un problème et à progresser vers une solution. »

Voici quelques autres bonnes questions tirées de ces articles :

  • Notre organisme inclut-il suffisamment les donataires?
  • Y a-t-il un écart entre le comportement de notre organisme et ses valeurs?
  • Y a-t-il un écart entre les causes que nous disons défendre et nos actions?

Selon la plupart des auteurs de ces articles, une des questions les plus importantes est celle que les fondations posent rarement, soit la question ouverte suivante : « Que pouvons-nous faire pour aider? » Cette question permet de s’éloigner d’une relation caractérisée par le déséquilibre des forces entre le donateur et le donataire pour établir une relation de partenariat.

Le concept de l’aide financière participative constitue une autre façon de définir cette forme de communication ouverte entre une fondation et un donataire. L’organisme Grantcraft prévoit explorer l’aide financière participative dans un nouveau guide dont il orchestre la préparation cette année. Dans un billet portant sur ce projet, Grantcraft explique qu’il voit l’aide financière participative comme « un changement de paradigme amenant les fondations à travailler avec leurs donataires en tant qu’agents de changement au sein de leur communauté plutôt que comme simples bénéficiaires d’une aide. L’aide financière participative met l’accent sur l’importance de favoriser une participation publique et démocratique aux décisions. »

Dans cet ordre d’idées, le colloque 2017 de FPC à Montréal invitera les participants à réfléchir aux questions suivantes :

  • Comment les fondations canadiennes peuvent-elles relever le défi de mieux écouter leurs partenaires communautaires?
  • Comment entendre la voix des plus démunis dans nos communautés? Comment trouver et adopter les solutions qui y fonctionnent le mieux?
  • Que devons-nous faire pour permettre à nos partenaires communautaires de mettre en avant leurs meilleures idées?

Il existe probablement de nombreuses autres bonnes questions pour améliorer la qualité du dialogue avec les donataires et les communautés. Faites-nous part des vôtres. Nous pouvons tous engager des conversations plus fructueuses!

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