La reddition de comptes figure au cœur des discussions des bailleurs de fonds et des organismes de bienfaisance cet automne, partiellement en raison de l’attention médiatique et politique portée aux frais liés aux activités de bienfaisance. L’enquête de CBC sur les coûts des collectes de fonds et le débat à la Chambre des communes sur la rémunération et sur les frais dans le secteur bénévole, suscité par le dépôt du projet de loi C-470, ont tous les deux eu pour effet d’attirer l’attention sur la gestion des organismes de bienfaisance. Ils ont intensifié la pression sur les organismes afin qu’ils démontrent leur adhésion à des normes de bonne gouvernance et fassent preuve de plus de transparence en ce qui a trait aux décisions prises par leur conseil d’administration. La pression sur les organismes de bienfaisance pour qu’ils démontrent que leurs éléments d’actif sont bien gérés et adéquatement investis conformément à des normes et lignes directrices de référence ne s’est pas atténuée non plus depuis la crise financière de 2008 et les événements qui en ont découlé.
Fort heureusement, les dirigeants des organismes de bienfaisance qui doivent faire face à ces pressions ont maintenant accès à de nouveaux outils visant à appuyer leurs pratiques de reddition de comptes et de gouvernance. Le Guide sur la bonne gouvernance à l’intention des fondations canadiennes de FPC est distribué aux membres cet automne. Nous avons maintenant affiché dans la section des membres de notre site Web le chapitre de ce guide qui porte sur les ressources afin que les membres puissent le consulter, le télécharger et le partager avec d’autres. J’espère que les membres de FPC envisageront aussi de remettre un exemplaire de ce guide à chaque nouveau membre de leur conseil d’administration!
Les conseils d’administration et les comités de placement des fondations canadiennes seront aussi intéressés par un nouveau code de conduite en matière de gestion des placements qui s’adresse aux fonds de dotation, fondations et organismes de bienfaisance et a été élaboré par le CFA Institute des États-Unis. L’Investment Management Code of Conduct for Endowments, Foundations, and Charitable Organizations a été préparé par un groupe de travail international formé de représentants de fondations et de représentants du secteur des investissements. J’ai participé à sa rédaction en tant que représentante de FPC. Le code a pour but d’établir un cadre déontologique pour orienter les activités de placement. Il énonce cinq responsabilités éthiques qui s’appliquent universellement à tout membre du conseil de direction d’un organisme de bienfaisance, quelle que soit la nature de ce conseil. Il constitue un complément très utile aux lignes directrices plus générales de déontologie dans le contexte d’une fondation, comme celles adoptées par FPC et acceptées par chacun des membres de FPC. Le code est accessible sur le site du CFA Institute.
Imagine Canada travaille également à la mise sur pied d’un nouveau programme de normes dans les domaines de la gestion financière, des ressources humaines et de la gouvernance qui permettra un jour aux organismes de bienfaisance d’obtenir une attestation de leur adhésion aux bonnes pratiques dans ces domaines. Ce projet, qui constitue un pas en avant dans le secteur canadien de la bienfaisance sera utile à la fois pour les bailleurs de fonds et pour tous les donateurs. D’autres renseignements concernant cette initiative vous seront communiqués au début de 2011.
Comme toujours, cet info-courriel comporte des nouvelles sur les activités organisées par FPC et sur le travail accompli par ses membres partout au pays. N’oubliez pas de vous inscrire à notre symposium du 1er décembre sur les nouvelles idées sur le financement du secteur de la bienfaisance! Nous vous invitons aussi à nous communiquer vos suggestions de séances pour la conférence de 2011… nous comptons sur votre participation!
Remarque : À compter du présent numéro de l’info-courriel, la version PDF n’inclut plus les liens URL qui sont intégrés à la version HTML. Nous constatons que de plus en plus de membres lisent l’info-courriel en ligne et qu’il est donc plus logique d’inclure les liens dans cette version. La version PDF demeure toutefois disponible pour que vous puissiez l’imprimer et la lire où que vous soyez.

Hilary Pearson
hpearson@pfc.ca
À la fin d’octobre, le Center for Effective Philanthropy de Boston et le Monitor Institute ont annoncé la mise en œuvre d’un projet conjoint visant à élargir l’application d’un nouvel outil, le Strategy LandscapeMC, créé par le Monitor Institute avec l’appui de la Rockefeller Foundation. Cet outil, qu’il faut voir en action pour bien le comprendre, offre des possibilités fascinantes aux groupes de bailleurs de fonds qui partagent le même intérêt pour un domaine (le changement climatique par exemple), mais ne savent pas qui finance quelle stratégie dans ce domaine et combien de ressources sont consacrées à chaque stratégie. Voyez ce que l’outil a à offrir en consultant la version de démonstration sur le site du Monitor Institute.
Voici comment le Monitor Institute explique le but de cet outil : « Comme le dirigeant d’une fondation l’a souligné récemment, “lorsque nous nous réunissons avec d’autres bailleurs de fonds pendant une journée pour discuter d’un enjeu, nous passons 80 % de la journée à parler de ce que nous faisons, ce qui ne nous laisse que 20 % de la journée pour discuter de ce que nous pourrions et devrions faire à l’avenir” ».
Le Strategy LandscapeMC vise à inverser ce ratio. Il s’agit d’un outil interactif de visualisation de données en ligne qui permet aux utilisateurs de voir et de comprendre facilement les habitudes d’octroi de dons et les stratégies de multiples bailleurs de fonds. Les participants sont en mesure de parvenir à une compréhension commune du cadre de financement global dont ils font partie et de voir où ils se situent au sein de cet écosystème.
Plus précisément, l’outil peut contribuer à :
Il serait fascinant de voir une application de cet outil à des domaines d’intervention spécifiques des grands donateurs canadiens. Peut-être qu’un groupe de bailleurs de fonds canadiens sera prêt à servir de premier groupe témoin au Canada!
À la fin de septembre, le Foundation Center a lancé TRASI (Tools and Resources for Assessing Social Impact), un portail Web de ressources utiles pour évaluer l’impact social. TRASI regroupe des articles, des balados, des vidéos et une base de données interrogeable sur plus de 150 approches d’évaluation de l’impact des programmes sans but lucratif et philanthropiques qui ont été révisées par des experts. TRASI renferme aussi des liens, des billets, des blogues et des ressources en ligne diversifiées qui amèneront ceux qui s’intéresse à l’évaluation de l’impact à explorer des avenues fascinantes.
Une de ces avenues nous a menés à une série de quatre articles de réflexion sur l’évaluation de l’impact social rédigés par Mario Morino de Venture Philanthropy Partners. Les quatre articles de cette série valent vraiment la peine d’être lus. Voici une des propositions ambitieuses mises de l’avant par Marino : « Nous pourrions concevoir une initiative afin de mettre en place les bases nécessaires pour que la gestion basée sur les résultats devienne la norme dans notre secteur. L’“élégance” des paramètres et des systèmes de gestion des résultats ne devrait pas constituer notre première motivation. Nous le ferions pour une seule et unique raison : créer un avantage signifiant, mesurable et durable pour tous les bénéficiaires! » Lisez les autres articles de la série pour connaître ses idées pour atteindre cet objectif.
Si les réflexions claires sur la philanthropie stratégique vous intéressent, consultez régulièrement le blogue de Phil Buchanan sur le site du Center for Effective Philanthropy. Celui-ci vient tout juste d’écrire une série de quatre billets sur les « stratégies en libre accès » qui renferme d’excellentes suggestions pour faire preuve de créativité au moment d’élaborer des stratégies dans le contexte d’une fondation.
Le numéro de l’automne de The Philanthropist met l’accent sur l’innovation sociale et sur le financement social et renferme de nombreux articles intéressants axés sur ces thèmes. Sur la question du financement des organismes de bienfaisance et sans but lucratif, on retrouve un très bon aperçu de la situation actuelle au Canada dans Why You Should Care: How Charities, NonProfits and Foundations can Benefit from Social Finance de Nora Sobolov, une des panélistes au symposium de FPC portant sur ce sujet qui aura lieu le 1er décembre à Toronto. Dans un autre article excellent et provocateur, le professeur militant Ted Jackson se penche sur les nouvelles stratégies pour financer la société civile canadienne dans le contexte de l’après-récession.
En 2008, Gara La Marche, qui venait alors d’être nommé directeur général de The Atlantic Philanthropies, a prononcé une allocution sur le talent en philanthropie devant le Foundation Impact Research Group de l’université Duke. Il a d’abord débattu de la question de savoir s’il est préférable d’embaucher des généralistes ou des spécialistes (et a conclu à contrecœur que la tendance dominante penche en faveur des spécialistes). Il a ensuite poursuivi son allocution en explorant un grand nombre des défis auxquels les gens œuvrant au sein d’une fondation sont confrontés : le risque professionnel de structurer son travail en fonction de ce que l’on fait le plus souvent (refuser des demandes), l’approche prometteuse de se voir comme un découvreur de talents, l’importance de prendre des congés sabbatiques et plusieurs autres sujets. La Marche conclut ainsi : « Ceux qui ont le rare privilège d’orienter les fonds d’une fondation vers des projets, des personnes ou des causes dignes d’être soutenus doivent s’intéresser au monde qui les entoure et apprendre sans cesse, faire preuve d’humilité par rapport au pouvoir dérivé et temporaire qu’ils détiennent et être conscients des moyens de le contrôler et le contrebalancer, et se montrer capables de penser stratégiquement et de faire des ajustements continus en fonction de l’évolution des connaissances et de la situation ».
Le texte intégral des observations judicieuses de La Marche est affiché sur le site de The Atlantic Philanthropies.
À l’occasion d’un débat pertinent parrainé par le Bradley Center for Philanthropy and Civic Renewal, un groupe d’intervenants et d’observateurs du secteur des fondations ont discuté de la question de savoir si la philanthropie est une profession et si elle devrait l’être. Cette question a été soulevée par Karl Stauber, dirigeant de longue date d’une fondation, dans une dissertation publiée dans The Foundation Review. Pour citer la conclusion de M. Stauber (dont la dissertation vaut la peine d’être lue en entier) : « La philanthropie n’est pas une profession et ne devrait pas en devenir une. Nous devons être rigoureux. Nous devons tirer des leçons de notre travail. Nous devons aider nos partenaires et accepter que ceux-ci nous aident. Une approche inspirée par la sagesse a toutefois des chances de produire de meilleurs résultats qu’une approche à base scientifique ». Le texte de cette dissertation et la transcription du débat pour et contre la position de Stauber qui a été organisé par le Bradley Center à la fin d’octobre se trouvent sur le site du Bradley Center.
Félicitations à la Youth and Philanthropy Initiative de la Toskan Foundation qui a remporté un Prix des pratiques exemplaires en matière d’éducation civique, qui lui a été décerné le 5 novembre par l’Institut pour la citoyenneté canadienne.
Les prix Donner de 2010 ont été présentés lors d’une cérémonie qui s’est déroulée à Toronto le 4 novembre. Le prix d’excellence en prestation de services sociaux William H. Donner a été remis à l’Educational Program Innovations Charity Society de North Sydney en Nouvelle-Écosse. Le prix Peter F. Drucker pour la gestion d’un organisme sans but lucratif a été décerné à Alice Housing de Dartmouth en Nouvelle-Écosse.
Nouveauté sur le site Web de FPC : renseignez-vous sur les activités des membres de FPC grâce à nos Capsules sur des dons remarquables. En vedette ce mois-ci : la Paloma Foundation et ses Youth Shelters Learning Partnerships.
Le site Web de FPC comporte une section réservée aux membres qui s’intitule Boîte à outils des fondations. L’avez-vous consultée récemment? Voici certaines des ressources que vous y trouverez :
Une page de la section des membres est maintenant consacrée aux communiqués des membres. Vous avez de l’information ou une nouvelle à communiquer aux membres? Dites-le-nous! Visitez cette page sans plus tarder pour voir ce que d’autres membres y ont affiché.
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