Au cours du dernier mois, nous avons assisté à une flambée d’activité dans un domaine qui suscite un intérêt croissant de la part des bailleurs de fonds et des investisseurs partout au Canada : le financement du secteur de la bienfaisance et sans but lucratif au moyen de placements socialement utiles. Un des principaux événements nouveaux dans ce domaine a été la publication d’un rapport du Task Force on Social Finance. Ce groupe d’étude sur le financement social était formé de professionnels possédant un vaste éventail de connaissances et de compétences dans les domaines de la finance, de la philanthropie et des politiques publiques. Il réunissait le très honorable Paul Martin, Stanley Hartt, président du conseil d’administration de Macquarie Capital Markets Canada, Sam Duboc d’Edgestone Capital Partners, Tim Jackson de Tech Capital Partners, Tamara Vrooman de VanCity, Ilse Treurnicht, présidente du MaRS Discovery District, Nancy Neamtan du Chantier de l’économie sociale ainsi que trois membres de FPC, soit Tim Brodhead de la fondation McConnell, Reeta Roy de la fondation MasterCard et Bill Young de la fondation Bealight. Ce groupe d’étude influent avait pour mandat de formuler des recommandations en vue de « déclencher la création d’un marché de l’investissement voué à la résolution des problèmes sociaux et environnementaux du Canada ».
Le 30 novembre, le groupe d’étude a publié son rapport de 37 pages, lequel décrit sept mesures que le Canada doit prendre, en parallèle, pour mobiliser de nouvelles sources de capital, créer un environnement fiscal et réglementaire favorable au financement social et constituer un réseau d’entreprises sociales prêtes à investir. Dans sa première recommandation, qui s’adresse aux fondations, le groupe d’étude indique que celles-ci devraient avoir comme objectif d’investir au moins 10 % de leur capital dans des placements liés à la mission d’ici 2020.
Il s’agit d’un objectif ambitieux pour toutes les fondations, particulièrement si elles ne font que commencer à envisager cette possibilité. Des ressources sont toutefois disponibles! Afin d’assister les conseils d’administration et les comités de placement dans leurs discussions à ce sujet, FPC et Fondations communautaires du Canada ont publié un nouveau document intitulé Mission Investing for Foundations: The Legal Considerations. Ce guide présente un excellent résumé, rédigé en termes clairs, des considérations légales et réglementaires dont toute fondation de bienfaisance doit tenir compte lorsqu’elle procède à des investissements liés à la mission. Les fondations à la recherche d’un portrait plus global de l’état actuel du marché et des occasions de placements liés à la mission au Canada liront avec intérêt l’article de Phillips Hager North ayant pour titre An Overview of Impact Investing que nous avons affiché sur notre site Web.
Peu de temps après la publication du rapport du groupe d’étude sur le financement social, FPC organisait, avec la collaboration de Phillips Hager North et de Génération de l’innovation sociale du MaRS Discovery District, un symposium sur les idées nouvelles en matière de financement des organismes de bienfaisance au Canada.
Le 1er décembre, les six panélistes du symposium ont fait des présentations devant un auditoire composé de plus de 100 bailleurs de fonds, représentants d’organismes de bienfaisance et investisseurs. Ces six présentations et un sommaire intéressant des travaux du groupe d’étude sur le financement social sont affichés sur la page d’accueil du site de FPC. Des extraits vidéos enregistrés lors de cet événement des plus réussis viendront s’ajouter sous peu aux présentations.
Il y a donc beaucoup de matière à réflexion et à discussion sur le vaste sujet du financement des organismes de bienfaisance et sans but lucratif tandis que nous envisageons l’avenir. En 2011, FPC continuera de présenter de l’information et des ressources sur ce domaine très important des placements liés à la mission.
Nous voici déjà arrivés au moment de l’année où mes collègues de FPC et moi désirons souhaiter à tous nos membres et amis de très joyeuses fêtes ainsi qu’un peu de repos bien mérité! Comme à l’habitude, l’info-courriel fera relâche en janvier 2011, alors que les membres du conseil d’administration de FPC se dirigeront vers Calgary afin d’y tenir une séance de planification stratégique durant laquelle ils établiront les objectifs de l’association pour la période 2011-2013. Ces objectifs soutiendront les efforts que nous déployons pour bien répondre aux besoins de nos membres à l’aide d’informations et de ressources pertinentes et d’actualité.
Tous nos meilleurs vœux pour 2011!

Hilary Pearson
hpearson@pfc.ca
Nous avons maintenant accès à des données tirées des déclarations de revenus des contribuables qui indiquent que les dons de bienfaisance ont effectivement diminué au Canada en 2009 en raison de la récession. Selon l’analyse de ces données réalisée par Imagine Canada, les dons ont reculé de 3,4 % (si l’on exclut les abris fiscaux). L’analyste d’Imagine Canada considère toutefois, à la lumière des tendances haussières des dons à long terme, qu’il est peu probable que 2009 marque le début d’une inversion généralisée de ces tendances. Le nombre total de contribuables ayant déclaré des dons a toutefois diminué considérablement, ce qui préoccupe les organismes de bienfaisance et les grands donateurs puisque les pressions exercées sur un nombre réduit de donateurs pourraient s’intensifier.
Le Foundation Center a publié un rapport d’enquête ayant pour titre Moving Beyond the Economic Crisis: Foundations Assess the Impact and Their Response. Selon ce rapport, les dons des fondations devraient rebondir légèrement en 2011, après être demeurés stables en 2010, mais il faudra patienter pendant plusieurs années avant qu’ils atteignent à nouveau le sommet enregistré en 2008.
Le rapport d’enquête révèle que les fondations ont réussi à stabiliser leurs activités en réduisant leurs effectifs, leurs déplacements et d’autres dépenses. Toutefois, signe que la situation financière des fondations s’améliore, seulement 12 p. cent des répondants au sondage prévoient maintenir ces changements opérationnels à plus long terme. Par contre, la réduction des visites sur les lieux et de la participation à des conférences, l’élimination des rapports annuels en version imprimée et l’adoption d’un système de demandes de dons en ligne figurent parmi les changements susceptibles de devenir permanents.
Le Committee Encouraging Corporate Philanthropy (CECP), organisme américain formé en 1999 afin d’inciter les compagnies à consacrer plus de ressources à des placements caritatifs, a publié au début de novembre les résultats de son enquête annuelle sur les dons des entreprises. Selon le rapport de l’enquête, Giving in Numbers 2010 Edition, 59 % des entreprises ont réduit leurs dons en 2009 et, de ce nombre, 40 % les ont réduits d’au moins 10 %. Inversement, 36 % des entreprises ont augmenté leurs dons, et ce d’au moins 10 % pour un cinquième d’entre elles.
Lorsque les organismes de bienfaisance et sans but lucratif organisent des événements jouissant d’une grande visibilité, ils considèrent souvent que les commandites d’entreprise constituent un excellent moyen de les aider à défrayer les coûts de l’événement et à recueillir des fonds. Or, même si de telles commandites sont souvent rentables pour le bénéficiaire et avantageuses pour le commanditaire, il est impossible d’en mesurer la valeur réelle si on ne comprend pas bien les aspects fiscaux des commandites d’entreprise. Pour en savoir plus à ce sujet, consulter l’article d’Adam Aptowizer publié sur le site Web de Drache Aptowizer.
Due Diligence Done Well: A Guide for Grantmakers est la plus récente publication de Grantmakers for Effective Organizations et de La Piana Consulting. Le processus de vérification préalable est celui par lequel un bailleur de fonds obtient de l’information sur le parcours d’un bénéficiaire éventuel, sur ses liens avec la communauté, sur les membres de sa direction, sur ses programmes et leurs résultats, sur sa situation financière et sur les capacités dont il dispose pour remplir sa mission. Selon cette publication, une bonne vérification préalable consiste à obtenir les renseignements dont vous avez besoin en tant que bailleur de fonds, sans toutefois imposer un fardeau trop lourd au demandeur de don. Ce guide sert à la fois à fournir de l’information pratique sur la cueillette de renseignements concernant les bénéficiaires éventuels et à orienter les réflexions au sujet des vérifications préalables efficaces. Un sommaire et le guide intégral sont disponibles au téléchargement sur le site Web de GEO.
Depuis que FSG Social Impact Advisors, cabinet américain offrant des services de recherche et des services-conseils, a commencé ses activités il y a dix ans, il a toujours représenté une bonne source d’idées nouvelles sur l’impact de la philanthropie et d’outils et de stratégies à la fine pointe s’adressant autant aux bailleurs de fonds privés et aux fondations d’entreprise. Dans le but de partager ses connaissances à plus grande échelle, FSG a décidé de se prévaloir des possibilités offertes par Internet et a remodelé son site Web afin d’y ajouter une nouvelle section axée sur l’échange de connaissances.
Comme l’indique Mark Kramer, un des fondateurs de FSG, « nous avons toujours eu de la difficulté à expliquer les différents domaines que nous relions : la mise en place d’une stratégie philanthropique, la responsabilité sociale des entreprises, l’évaluation, la gestion d’un organisme sans but lucratif, l’exploitation d’une fondation communautaire, l’entrepreneuriat social, le développement économique, la réforme de l’éducation, la santé mondiale… et ainsi de suite. Le [nouveau] site Web nous a obligés à présenter de façon concise ce que nous faisons : trouver de meilleurs moyens de résoudre des problèmes sociaux… Que cela nous plaise ou non, nous sommes tous forcés de revoir la façon dont nous donnons aux organismes de bienfaisance, exploitons nos entreprises, investissons nos capitaux, entretenons des relations avec les pays en développement et évaluons nos résultats. Les paradigmes que nous acceptions depuis si longtemps ne sont plus en accord avec les possibilités qui s’offrent à nous. De nouvelles approches comme la philanthropie catalysatrice, la création de valeur partagée, l’investissement socialement utile et l’impact collectif nous incitent à laisser tomber nos hypothèses traditionnelles et à nous aventurer en territoire inconnu ». Le Knowledge Exchange regroupe des articles, des vidéos, des blogues et des références qui aideront les bailleurs de fonds à se renseigner sur ces nouvelles approches et à y réfléchir.
Une des plus récentes contributions de Mark Kramer et son collègue John Kania au domaine de la philanthropie est Collective Impact, un article sur le succès des approches collectives qui exigent qu’un grand nombre d’acteurs différents modifient leur comportement afin de résoudre un problème social complexe. Selon l’hypothèse posée par les auteurs, les changements sociaux à grande échelle découlent d’une meilleure coordination intersectorielle plutôt que des interventions isolées d’organismes agissant seuls. On ne parle pas ici simplement de collaboration, mais d’une approche systémique mettant l’accent sur les liens entre les organisations et sur les progrès vers l’atteinte d’objectifs communs. Les auteurs décrivent ce qui constitue, à leur avis, les cinq conditions de la réussite collective : des objectifs communs, des critères d’évaluation identiques, des activités qui se renforcent mutuellement, une communication continue et un organisme de soutien fédérateur. Tout cela semble difficile, mais Kania et Kramer donnent plusieurs exemples d’initiatives intersectorielles fructueuses (tout en admettant que celles-ci demeurent rares) ayant regroupé des bailleurs de fonds privés, des entreprises et des gouvernements qui ont uni leurs efforts dans le but de résoudre des problèmes touchant à l’éducation, à l’environnement et à la santé. Leur article vaut vraiment la peine d’être lu!
FPC a accueilli deux nouveaux membres au cours du mois de novembre : la Macquarie Group Foundation (Toronto), la R.K. Grant Family Foundation (Victoria) et la Fondation familiale Larry et Cookie Rossy (Montréal). FPC compte maintenant 107 membres!
La George Cedric Metcalf Foundation célèbre son 50e anniversaire! Au cours d’une magnifique célébration qui s’est déroulée à Toronto le 6 décembre, son président, Sandy Houston, a prononcé un discours éloquent. En voici un extrait : « Au cours des quelque dix dernières années, nos activités sont devenues de plus en plus axées sur Toronto et sur les meilleurs moyens de soutenir et d’accroître la créativité, la justice et l’équité au sein de cette collectivité, et de la rendre plus verte et plus durable. Nous tentons toujours de déterminer les mesures qu’une fondation disposant d’un peu d’argent et d’une poignée d’employés peut prendre pour appuyer ce processus de création et de réinvention. Nous faisons appel à de nombreuses stratégies et approches différentes. Nous sommes toujours prêts à expérimenter, à être parmi les premiers à nous intéresser à un problème ou à nous engager, à prendre des risques. Nous croyons à l’importance de donner aux gens intelligents une plateforme solide pour explorer des idées, de même que l’espace dont ils ont besoin pour voir grand. Nous aimons l’idée de réunir des idées, des gens et des organisations et de voir si nous pouvons trouver ensemble de nouvelles stratégies prometteuses pour progresser. Compte tenu du type de personnes avec lesquelles nous travaillons et de la ville dans laquelle nous vivons, cette approche a porté fruit à maintes reprises ».
Afin de marquer cet anniversaire, la Fondation a accordé un petit nombre de dons spéciaux et uniques visant à célébrer la ville de Toronto et à la renforcer. Au cours de son histoire, la Fondation a contribué de façon continue à la vitalité de la vie urbaine à Toronto. Depuis quelque temps, la Fondation concentre ses efforts à accroître la vitalité des arts de la scène professionnels, à s’attaquer à des problèmes de pauvreté et à assurer l’intégrité écologique de nos terres et de nos biens-fonds. Dans la foulée de cette tradition et de sa relation étroite et de longue date avec la collectivité de Toronto, la Fondation a invité un petit groupe d’organismes à lui communiquer leur meilleure idée de « renforcement urbain ». Comme la Fondation le déclare, « nous sommes intéressés depuis toujours à libérer le potentiel d’idées qui ne seraient pas réalisables dans des circonstances normales. Nous avons laissé aux organismes le soin de définir “renforcement urbain” à leur manière. Tout ce que nous leur avons demandé, c’est que l’approche de chaque organisme soit le reflet de sa mission et de son apport unique au paysage urbain ». La Fondation a maintenant annoncé l’octroi de quatre dons (pour une somme totale de 852 000 $) à East Scarborough Storefront, au Théâtre Passe Muraille, à Sustain Ontario et à la Diaspora Dialogues Charitable Society. De plus amples renseignements sur leurs projets sont fournis sur le site Web de la Fondation. Joyeux anniversaire à toute l’équipe de la fondation Metcalf!
La Metcalf Foundation a annoncé que Mary MacDonald se joindra à la fondation en décembre à titre de nouvelle directrice de son programme environnemental. Jusqu’à récemment, Mme MacDonald était conseillère principale et responsable de l’environnement au sein du cabinet du maire de la ville de Toronto, David Miller. Elle remplacera Katie Rabinowicz, qui quitte son poste après avoir administré le programme environnemental par intérim pendant plus d’un an.
La Norlien Foundation de Calgary accueillera une nouvelle présidente, Paula Tyler, en janvier 2011. Mme Tyler occupe actuellement le poste de directrice générale de l’Alberta Family Wellness Initiative de la fondation Norlien.
Notes de la rencontre des membres ayant lieu à Montréal le 26 novembre. Nos conférenciers invités ont traité des enjeux de la persévérance scolaire et des stratégies en vue de réduire le taux élevé de décrochage.
Vous avez oublié votre mot de passe? Contactez info@pfc.ca.