décembre 13, 2017 De la présidente

Quelle est la prochaine étape pour écouter davantage?

Le moins qu’on puisse dire, c’est que 2017 a fait ressortir les bénéfices de l’écoute et ce qu’il en coûte de ne pas écouter. La sphère politique nous a donné une profusion d’exemples. J’imagine que vous pouvez également penser à des exemples de ces avantages et de ces coûts dérivés de votre propre expérience. Si vous êtes déjà convaincu que plus d’écoute s’impose, comment pouvez-vous, en tant que bailleur de fonds, mettre cette idée en pratique?

Juste à temps pour alimenter vos réflexions des fêtes sur les façons de pratiquer une écoute plus active, Cynthia Gibson, conseillère auprès de Grantcraft et de la Ford Foundation, nous fait cadeau d’un nouveau guide en publiant l’excellent document de réflexion, Participatory Grantmaking: Has Its Time Come?

Gibson traite de ce qu’elle et d’autres qualifient maintenant de « participatory grantmaking » (ou octroi participatif des dons), qui s’entend du processus par lequel les fondations collaborent avec d’autres partenaires non financiers pour accorder une aide financière plus efficace. Les approches visant à susciter une plus grande participation à l’octroi des dons sont nombreuses, comme Gibson le montre clairement. Ils vont de la participation des partenaires non financiers à la définition des conditions de financement, à l’examen des propositions et même aux décisions concernant la répartition des dons. Par leur essence, ces approches impliquent un engagement à écouter et à faire confiance à des partenaires hors de la garde rapprochée de la fondation. Gibson présente de nombreux exemples de modèles et de cadres participatifs dont les fondations américaines font l’essai (il serait intéressant de les comparer à ce qui est mis à l’essai au Canada). L’évolution des temps oblige les philanthropes à revoir leurs façons d’exercer leurs activités. Les pressions liées aux attentes de transparence et de reddition de comptes, la complexité des problèmes sociaux et les préférences changeantes des jeunes générations font partie des raisons pour lesquelles certaines fondations intègrent les donataires et même les bénéficiaires au processus d’octroi de dons.

À juste titre, Gibson souligne qu’il y a maintes raisons pour lesquelles la plupart des fondations n’ont pas encore adopté une telle approche. Ces raisons vont des différences dans les stratégies (une combinaison de dons, d’activités de bienfaisance et d’investissements) et de la confusion entourant les questions de reddition de comptes et de mesure de l’impact à la nécessité de procéder à des changements de culture difficiles à réaliser. Elle reconnaît que les approches participatives peuvent être chronophages, coûteuses et exigeantes. Âmes sensibles s’abstenir! Mais alors, quelle devrait être l’étape suivante?

Les fondations devraient attacher de l’importance à la participation, puisque celle-ci ouvre la voie à l’autonomisation, à la créativité, à de meilleures décisions, à plus de collaboration et à une plus grande confiance entre les fondations et la collectivité. Pour pouvoir être mises en pratique, les approches participatives doivent toutefois être mieux définies (et comprises par tous) et plus précises en ce qui a trait aux pratiques efficaces. Dans une section qui mérite à elle seule d’être lue, Gibson présente une analyse utile des modèles et des cadres participatifs mis au point dans des secteurs autres que celui de la philanthropie. S’appuyant sur son expérience et ses lectures, elle fournit un cadre de « démarrage » pour l’octroi participatif de dons et fait quelques suggestions en vue d’aider les fondations et les autres partenaires à travailler ensemble avant l’octroi de l’aide financière, pendant sa durée et après qu’elle ait pris fin. Elle propose aussi des moyens d’adopter graduellement cette approche, notamment en organisant des consultations, en menant un projet pilote et en parrainant une étude sur l’octroi participatif de dons. Elle fournit une liste de questions exploratoires pour lancer une discussion à ce sujet lors d’une réunion des membres du conseil d’administration ou du personnel d’une fondation.

Nous examinerons certaines de ces questions lors de notre congrès en octobre 2018 à Toronto. Une discussion sur les moyens d’établir des liens de confiance, de mieux écouter et d’accorder de l’importance à l’expérience vécue a un rapport étroit avec le thème de notre congrès, Relier. Créer. Changer. Nous demanderons aux membres de FPC de nous faire part de leurs meilleures idées et nous nous engageons à bien écouter en 2018!

Ce que 2018 nous réserve : si vous souhaitez prendre connaissance de conjectures très éclairées et divertissantes sur les changements que la nouvelle année nous apportera en philanthropie et dans le secteur de l’économie sociale, surveillez la parution de Blueprint 2018, les plus récentes prévisions de Lucy Bernholz, chercheuse à l’Université Stanford qui se décrit elle-même comme une mordue de philanthropie. La parution du Blueprint, qui mérite toujours d’être lu, est prévue pour le 13 décembre. Rendez-vous sur l’excellent blogue de Lucy Bernholz, Philanthropy 2173: The Future of Good, et profitez-en pour l’ajouter à vos favoris.

 

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